L’image de l’homme: une invention du sexisme et de l’éducation

 

ETRE UN VRAI HOMME ?

Je vais essayer de t’expliquer en trois mots essentiels comment être vrai.e, sincère et fort.e. Cette prise de conscience pourra te permettre d’améliorer tes relations avec les autres, ta confiance en toi et t’aider à mieux te connaître.

Je suis persuadée qu’il est toujours bon de remettre en question notre éducation et notre société en commençant par s’écouter et écouter ses émotions.

(Cet article est disponible, en partie, en vidéo sur ma chaîne YouTube)

1.   INTRODUCTION

J’ai eu l’idée de parler à propos de ce sujet il y a plusieurs années quand je me trouvais dans une relation toxique avec un homme qui m’expliquait qu’il refusait de communiquer, surtout sur ses sentiments et ses émotions, parce que c’était pour lui synonyme d’être quelqu’un de fort. Ce n’était pas être « un vrai homme ». Par la suite, je me suis dit que cette idée n’était certainement pas partagée par les autres hommes. Et pourtant ?! Les années passent et je me rends compte que beaucoup d’hommes (et plus en plus de femmes) associent le fait d’être quelqu’un.e de fort.e à plusieurs idées qui me paraissent complètement folle 

Mais pourquoi en faire un article ? Je pense qu’il est essentiel de repérer la force que tu as en toi pour améliorer tes relations et ta confiance. Il est évident aussi qu’en ayant une meilleure définition de ce mot tu seras plus apte à te rapprocher de personnes qui te tirent vers le haut.

2.   EXEMPLE CONCRET

Je vais commencer par un exemple concret pour te montrer que certaines situations sont identifiées différemment en fonction du type de personnes qui en sont témoin.

Il m’est arrivé plusieurs fois, au long de mes années scolaires, de pleurer lorsque je recevais une mauvaise note après avoir travaillé durement. C’est typiquement le genre de situation qui va me permettre de t’expliquer ce que signifie « être fort.e ». En effet, il existe plusieurs types de personnes face à cette situation : celleux qui comprennent, réconfortent, et trouvent normal de se laisser à ses émotion et celleux qui te voient comme quelqu’un.e de faible parce que tu pleures pour une note.

Il est d’abord bon de se rappeler « qu’une note » ne signifie peut être pas la même chose pour toi que pour la personne : elle peut simplement dire pour toi que tu étais moins en forme ce jour-là et pour l’autre que son dur travail n’est pas récompensé, ou encore qu’elle a perdu une chance de rentrer dans l’école de ses rêves.

Je fais partie des gens qui pensent que pleurer n’est pas synonyme de faiblesse et précisément dans ce cas. Pourquoi ?:

  • Tu as beaucoup de COURAGE  de te montrer à nu devant tous types de personnes
  • Tu es HONNÊTE, face à toi (parce que tu écoutes tes émotions) mais aussi face aux autres (parce que tu ne joues pas un rôle et tu es transparent.e)
  • Tu n’as PAS HONTE DE TOI, et c’est magnifique. En effet, tu n’as pas honte de te laisser aller ni d’éprouver des émotions.
  • Tu CHOISIS. Oui, tu choisis de te montrer ainsi. On pourrait penser qu’on le subit mais c’est juste la représentation que tu t’en fais. Ce n’est pas forcément la réalité. Tu pourrais très bien partir pleurer dans un coin en cachette mais tu as choisi d’avoir une communication honnête avec ceux qui t’entourent et leur laisser l’opportunité de mieux te comprendre.

 

Petit rappel 1:

« On ne peut pas reprocher à quelqu’un.e d’être honnête .»

« Pour agir il faut comprendre. Pour comprendre il faut connaître. » (Y compris dans nos relations)

« La vraie rencontre a lieu entre les êtres pas entre les rôles. »

3.   L’IMPACT DE L’EDUCATION SUR NOTRE VISION DE NOUS MÊME

Mais alors, pourquoi cette idée persiste en nous ? Pourquoi les hommes, plus particulièrement, ont cette nécessité « d’être fort ». Eh bien, la réponse est d’abord dans nos  éducations.

Quand on dit, de nombreuses fois, à la petite fille « oh que tu ES jolie », « tu ES belle », « oh que tu ES magnifique », cela se transforme en « tu DOIS être belle/jolie/magnifique ». En effet, dans le premier exemple, on crée avec le temps et la répétition, une identité. Si votre but est que votre enfant se sente bien et joli.e il existe d’autres moyens que simplement le répéter. La preuve en est que beaucoup de parents utilisent ce système mais peu de personnes s’aiment et aiment leur corps une fois adulte. On verra ces méthodes dans d’autres articles et programmes.

En parallèle pour l’homme, la fameuse phrase, « tu ES fort » qui se transforme en « tu DOIS être fort ». Ce genre de phrase se trouve partout (magasin de jouet, de vêtements, publicités, entourage …). Et souvent, pour appuyer cette idée on utilise des exemples comme « ne pleure pas tu n’es pas une petite fille ou un « pd »,( qui par ailleurs est sexiste et homophobe, soit !) C’est donc une image bien particulière du mot « fort » qui en ressort : la démarche, les habits, l’absence d’émotion, être meilleur que les femmes, la barbe, les muscles … que je développerai un peu plus bas.

4.   DIFFÉRENCE ADJECTIF ENTRE LES HOMMES ET LES FEMMES

Sans trop tarder regardons comment les femmes apprennent à être forte et comment les hommes l’apprennent :

Les femmes :

  • Travailler dur et souvent dans l’ombre pour y arriver et prouver qu’on peut le faire en tant que femme. En effet, si tu t’intéresses un peu aux inégalités de genres tu te rendras vite compte qu’il est plus difficile pour une femme que pour un homme de se lancer dans de grandes carrières (autoentrepreneur, politique …). Cela est dû à plusieurs choses dont la dévalorisation des femmes face aux obstacles, face à leur éducation et à la société. s’ajoute à cela le fait de « rentrer dans des milieux d’hommes », de devoir prouver constamment ses compétences etc. Là n’est pas le moment pour rentrer dans les détails. En tout cas, ces idées enveloppent les éléments majeurs de ce qu’est «être une femme forte».
  • Se relever : se relever de moments difficiles, de périodes plus ou moins compliquées. Généralement et non systématiquement, c’est plutôt le genre de sujet où les femmes se montrent transparentes entourées d’autres femmes, sans s’en vanter forcément face aux hommes. (patriarcat/sexisme intériorisé/société bonjour !)

Les hommes :

  • être VIRIL. Ce fameux mot que je ne supporte plus ! La virilité serait un concept qui réunit physique (poils, muscles, vêtements) et attitude (démarche, charisme, discussions) MAIS qui est seulement masculin. Pourquoi ? On n’entend pas qu’une femme soit « virile » et cela même si elle réunit l’ensemble des critères. Aussi, je n’aime pas ce mot car il n’est pas palpable, il n’est pas une émotion, il ne s’apprend pas … Bref je crois que vous avez compris.
  • être FIER. On parle ici de fierté mal placée, celle qui ne te fais pas avancée, t’empêche de t’excuser, te fais même souffrir. Certaines femmes aussi l’utilisent. Elle n’aide en rien l’acquisition de bonnes relations ni de bons sentiments envers toi-même. Elle te bouffe dans un long moment et peut même stopper ou rendre invivable tes relations. Donc STOP !
  • ne PAS avoir d’EMOTIONS. Encore une fois, pourquoi ? Penses-tu sincèrement qu’il est bon d’enfouir la totalité de tes émotions au fond de toi, d’être dans le déni, de construite des relations non-honnête, d’avoir honte d’être toi-même, de renier ce qui fait que tu es humain ? Je ne pense pas. Alors arrête, et pleure devant un film si tu le veux, pleure quand tu écoutes de la musique, dit aux gens que tu les aimes, et souris à la vie !

Petit rappel 2 : lire le petit rappel 1.

5.   MA DÉFINITION « D’ÊTRE FORT.E »

Elle se résume en 3 mots.

  • OSER : Qu’est-ce que c’est appréciable de voir une personne qui se lance cœur et âme dans de nouveaux défis, qui se donne des challenges, qui sort de sa zone de confort et ose. Ne l’admires-tu pas ? Tu peux faire de même dès maintenant et te prouver que tu es fort.e.
  • SE RELEVER : même chose que plus haut. Tu l’as surement déjà fait et soit en fier.e (la bonne fierté) et félicite toi. Bravo. N’oublie pas, si tu l’as fait à un moment T, tu peux le refaire.
  • NE PAS VOIR DES ÉCHECS COMME DES ÉCHECS : mais plutôt comme des résultats différents de ceux que tu espérais, qui te permettent d’en apprendre plus sur toi-même et comment (ne pas)agir dans le futur pour obtenir les résultats souhaités. La citation et le slogan de mon site prouve bien que cette idée est ancrée en moi.

Encore une fois, bravo à toi si tu l’as déjà fait, continue comme ça.

6.   QUELQUES MOTS SUR LE SEXISME INVERSE ET POURQUOI IL EST BON DE COMMENCER PAR RÉGLER CELUI ENVERS LES FEMMES

Qu’est-ce que le sexisme inversé ? C’est une oppression sexiste envers le groupe dominant dans une société. Celui-ci résulte du sexisme envers le groupe dominé. En effet, ici, l’homme ne DOIT pas être fort parce que c’est cool mais parce qu’il doit garder sa place dans la société et perpétuer le schéma de femmes faibles (en dessous d’hommes forts). C’est en arrêtant le sexisme envers les femmes, ici le groupe dominé, que les formes de sexisme envers les hommes s’arrêteront. Et pas l’inverse. (Tu trouveras facilement des exemples à ce sujet). Alors aidons nous tou.te.s ensemble pour que cela soit possible.

Féministe ou non, nous avons tou.te.s conscience que les hommes subissent du sexisme, fort heureusement pour vous il ne tue pas (de façon systémique du moins). Je suis contente que vous puissiez ne pas subir ce que les femmes subissent. En effet, aujourd’hui le sexisme envers les femmes tue encore et de façon systémique aussi (féminicide, viol …). Il est donc facile de voir où est la priorité.

7.   CONCLUSION

Soit fort.e (avec une belle définition) car tu y as le droit. Exprime tes émotions car c’est ce qui te différencie des machines sur programme automatique, c’est ce qui fait que tu es humain.e et unique.

A très vite.

Debora.

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